Respirer, c’est la base. C’est instinctif, le corps fait ça tout seul, sans qu’on ait besoin d’y penser. C’est facile.
Pourtant, observe bien. Chaque fois que tu stresses, tu respires mal.

Pendant la rédaction de cet article, j’ai notamment écouté:
Respirer quand le quotidien te submerges
Il y a quelques jours, je m’occupais de mes enfants pendant leur deuxième semaine de vacances. C’est toujours compliqué ces périodes-là, parce que tout se cumule un peu: enfants, maison et travail, je jongle entre toutes les sphères de ma vie.
Et j’étais là, en train de laver l’évier de la cuisine quand j’ai réalisé que… j’étais complètement en apnée.
J’avais une respiration très courte et très bloquée, mes gestes étaient vifs, nerveux. Un flot de pensées se bousculait dans ma tête, ça allait de la liste mentale de toutes les choses à faire après, aux ressassements divers et variés sur des discussions que j’avais eues la veille, en passant par l’agacement que me causait la dispute en cours entre mes enfants. Tout le haut de mon corps était très activé mais tout restait bloqué à ce niveau-là.
Un peu comme si, à ce moment précis, je n’étais plus qu’une tête pensante reliée à un thorax, histoire de respirer quand même, et éventuellement à deux mains qui faisaient machinalement ce qu’elles avaient à faire.
Respirer pour s’observer
Quand j’ai réalisé ça, quand j’ai pris conscience de tout ça, j’ai tout posé et j’ai pris 2 minutes pour inspirer et expirer profondément. Pour respirer vraiment. Juste ça: inspirer et expirer profondément 3 ou 4 fois, sans chercher à contrôler quoi que ce soit.
Quelque chose s’est instantanément détendu dans mon corps.
Ma mâchoire s’est décrispée. J’ai senti mes épaules se décontracter. Mon dos s’est détendu, depuis la tête jusqu’à mon ventre, tout le long de ma colonne vertébrale. C’était comme si le bas de mon corps se reconnectait avec le haut. J’ai senti mes pieds en contact avec le sol, l’inox sous mes mains. Mes pensées se sont mises en sourdine, elles ont arrêté de tourner en boucle. Je me suis sentie immédiatement plus légère et j’ai même senti l’esquisse d’un sourire sur mon visage.
Juste en respirant mieux.

Le culte de la performance et de l’oubli de soi
Dans nos quotidiens très chargés, on est toutes et tous poussés à faire toujours plus, toujours plus vite. A performer, y compris à des endroits de nos vie où ce n’était pas le cas avant (je pense notamment à la parentalité et au couple).
Les « je dois/il faut que je » sont extrêmement présents: c’est quand la dernière fois que tu as réellement fait quelque chose en te disant « j’ai envie de… » ?
Nous sommes invités constamment à être productifs. A choisir entre « faire » et juste « être ». Il faut « gagner sa vie », comme si vivre ne suffisait pas.
Pourtant, face à ces situations, le corps parle (il ne ment jamais). Ca commence par les sensations de stress qu’on ignore parce qu’on a appris que « c’est normal de stresser » ou encore qu’il y a « du bon stress » (c’est faux).
Et si on ne l’écoute pas, ce corps, il tient bon oui, mais combien de temps?
Et c’est comme ça qu’on se retrouve un matin dans le cabinet du médecin et que des mots comme « burnout » et « épuisement parental » sont prononcés.
Investir : dans quoi?… dans qui?
Depuis tout petits, on a appris à investir son argent, on a appris à investir nos personnes dans notre emploi, notre parentalité, notre vie de couple…
Mais qui ici a réellement appris à investir dans sa propre personne, autrement que pour servir, finalement, à quelqu’un d’autre (patron, état, conjoint, enfants, famille…)?
La plupart d’entre nous a appris que penser à soi, c’est être égoïste. Que prendre soin de soi, c’est égoïste. Et qu’investir dans son propre bien être physique et mental, c’est égoïste.
On nous a conditionnés à penser aux autres avant de penser à soi en nous faisant croire que penser à soi, c’était une perte de temps… alors que ça prend littéralement 5 minutes de juste bien respirer.
A force de vouer un culte toujours plus grand à la performance, on a oublié d’habiter nos corps avec conscience et présence, et ce faisant, on a oublié comment habiter réellement nos vies.
Je suis convaincue qu’une autre voie est possible.
Et ça commence par prendre une profonde inspiration, expirer pour sentir ses pieds s’ancrer dans le sol et reprendre possession de son propre corps, de choisir de vivre sa vie vraiment plutôt que de simplement la traverser.
Le souffle, c’est la vie. Maitriser son souffle, c’est déjà maitriser sa vie.

Tu veux (ré)apprendre à respirer vraiment et voir par toi-même tout ce que ça change pour toi ?


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