Il y a des moments dans une vie où tout semble partir en vrille. Une trahison amicale, familiale, amoureuse. Un échec professionnel. Une période de changement ou d’épuisement où on ne se reconnait plus…
Souvent, ce qu’on ressent en premier dans ce genre de moment, c’est de la honte, du doute et une petite voix intérieure qui murmure: « Si ça t’arrive, c’est que tu le mérites. » ou « J’aurais dû faire les choses autrement. »
Finalement -et c’est tout le propos de cet article- ce qui fait le plus mal, c’est pas forcément la situation en elle-même.
C’est le miroir qu’elle nous tend.

Pendant la rédaction de cet article, j’ai notamment écouté:
Ce qui abime l’estime de soi, c’est rarement la situation
On prend un exemple concret: tu apprends que ton/ta partenaire t’a trompé.e.
On est d’accord que c’est une situation qui est vécue par l’immense majorité d’entre nous comme blessantes. Il y avait un contrat « tacite », avec des règles plus ou moins explicites mais en tout cas un certain nombre de limites à ne pas dépasser. Et dans les faits, ces limites ont été franchies. La douleur est réelle et immense.
Mais faisons un pas de côté.
Si on creuse un peu, on réalise que la souffrance la plus tenace, celle qui dure dans le temps, qui se réactive à chaque fois que tu repenses à cette trahison… c’est pas toujours celle de la trahison en elle-même.
C’est ce que cette trahison, cette situation me dit, ou plutôt ce que tu te dis à toi-même.
« J’étais pas assez bien. »
« J’aurais dû voir les signes, c’était sous mon nez tout ce temps… »
« J’ai été idiot.e »
« Comment j’ai pu me laisser avoir comme ça? »
Par dessus tout ça, il y a aussi l’émotion que tu ressens par rapport à la façon dont tu as réagi face à la situation: les larmes devant celui/celle qui t’a fait du mal, les mots que tu as dit sous le coup de l’émotion, le fait de ne plus te reconnaitre…
Tout ça, ces pensées, ces jugements… ça alimente une image. Et chaque fois que tu penses à cette situation, c’est cette image qui t’est renvoyée à toi-même. Une image que tu n’aimes pas, peut-être une image dont tu as honte, ou qui te fait culpabiliser.
Et dans le fond, c’est ça le coeur du problème.
C’est pas ce qu’on t’a fait qui te blesse le plus.
C’est ce que la situation t’a amené.e à penser de toi-même.
Et ça… c’est directement l’estime de soi.
L’estime de soi: c’est quoi ?
L’estime de soi, c’est la valeur qu’on s’accorde à soi-même.
Elle est différente de la confiance en soi, qui est situationnelle, liée à des compétences précises.
Tu peux très bien avoir confiance en toi tout en ayant une estime de soi assez faible. Par exemple, avoir confiance en tes capacités professionnelles, tout en ayant une estime de toi globalement pas ouf.
L’estime de soi, c’est quelque chose de plus fondamental: c’est le sentiment d’avoir de la valeur en tant qu’individu, indépendamment de ce que tu fais, de ce que tu réussis ou de ce que les autres pensent de toi.
Une estime de soi solide, c’est pas de l’arrogance, ou penser que tu es parfait.e. C’est avoir un socle intérieur stable, une connaissance de soi suffisante pour continuer à prendre des décisions aligné.es même dans des situations hyper difficiles à vivre.
Quand ce socle est fragilisé (par ton histoire familiale, des expériences douloureuses, des croyances héritées…), le moindre événement difficile vient alimenter et renforcer la croyance que « je suis trop / pas assez ». Finalement, tu prends des décisions en suivant l’avis des autres, ou en faisant ce que tu crois que les autres attendent de toi. Tu n’es plus aligné.e avec tes propres valeurs et limites, d’où ce sentiment d’être complètement perdu.e et de ne plus savoir qui tu es, ni ce que tu veux vraiment.

Pourquoi c’est difficile de déceler une faible estime de soi?
Le paradoxe avec la faible estime de soi, c’est qu’elle se cache souvent derrière des mécanismes de protection très efficaces. Je le vois chez les hommes et les femmes qui viennent à moi depuis Albertville, Chambéry, Saint Jean de Maurienne ou plus largement de Maurienne et de Savoie en général: ce sont souvent des personnes tout à fait fonctionnelles. Elle gèrent le quotidien, elles organisent la vie du foyer, elles travaillent, elles s’occupent de tout le monde. De l’extérieur, elles sont perçues comme des personnes fortes.
Mais à l’intérieur, il y a cette petite voix constante qui juge, compare, minimise… Le compliment reçu? « Il a dit ça pour être sympa. ». Le collègue à qui on n’a pas osé dire « merde »? « J’aurais dû faire ceci ou dire cela ». La priorité grillée par une personne peu attentive à la caisse du supermarché? « J’ai pas osé dire qu’elle m’avait doublé… »
Cette petite vois là… C’est pas la réalité, c’est un filtre. Construit depuis très longtemps et qui colore toute la lecture qu’on fait du monde qui nous entoure et de nous-même.
J’ai une bonne nouvelle: ce filtre peut changer. A condition de travailler en profondeur et de savoir quoi actionner.
Ce qu’il se passe quand on reconstruit l’estime personnelle
Reconstruire l’estime de soi, ce n’est pas décider un matin de « se valoriser davantage ». Si c’était aussi simple, tu l’aurais déjà fait.
C’est un travail qui passe par le corps autant que par la pensée. Par la capacité à ressentir, à l’intérieur, qu’on a le droit d’être bien.
Pas parce qu’on fait. Simplement parce que l’on est.
Quand ce travail se fait vraiment, les changements sont concrets, visibles, mesurables dans le quotidien.
Tu commences à te redonner la priorité, à t’écouter avant de répondre aux demandes des autres.
Et puis, tu poses des limites sans chercher « la bonne excuse ».
Tu reçois le compliment sans te sentir redevable de quoi que ce soit.
Et surtout: tu t’autorises à ne pas être parfait.e, sans culpabiliser.
Je le dis souvent en séance: nous évoluons au sein de systèmes. Tout est connecté, et si tu changes quelque chose en toi-même, alors il y a de fortes chances pour que les choses autour de toi bougent aussi.
Quand tu reconstruis ton estime personnelle, ta relation aux autres change aussi. Tu ne cherches plus à mériter ta place. Plus détendue, tu es plus présent.e, aux autres et à toi. Tu deviens moins reactif.ve et tu es moins dans la comparaison.
Et paradoxalement, tu deviens plus disponible pour les autres, parce que tu sais ce que tu peux donner et ce qui sera au-delà de ta limite.
Je le vois particulièrement sur les mamans que j’accompagne -et elles sont nombreuses en Maurienne et sur toute la Savoie-: c’est souvent avec un travail sur l’estime de soi que quelque chose se dénoue au niveau des relations avec leur partenaire et / ou leurs enfants.

Comment la sophrologie travaille sur l’estime de soi?
La sophro n’est pas une thérapie par la parole. On ne cherche pas à analyser indéfiniment l’origine de tes croyances limitantes.
Avec la sophrologie, on crée des expériences corporelles et sensorielles nouvelles. Des moments où, dans ton corps, tu fais l’expérience d’autre chose que le doute et la critique intérieure.
Et ça, le système nerveux l’enregistre. Il apprend. Et il intègre.
Voici 3 exemples concrets de ce qu’on peut travailler ensemble en séance, que ce soit au cabinet à Val d’Arc, ou en visio sur toute la Maurienne et la Savoie:
La visualisation de soi ressourcée
Je t’invite à te représenter une version de toi, pas idéale ni parfaite, mais stable, ancrée, en paix. Cette image est répétée régulièrement de manière à devenir ta nouvelle référence intérieure. Et ton cerveau l’intègre comme étant possible.
Avec le temps et la répétition, cette potentialité devient ta nouvelle réalité.
Le travail sur les tensions corporelles et l’autocritique
Tu sais la petite voix intérieure dont je te te parlais plus haut, celle qui te juge? Bon, souvent, elle a une adresse dans ton corps: chez certains, elle se cache au niveau de la gorge, chez d’autre dans les épaules contractées… En apprenant à repérer et relâcher volontairement ces tensions, tu déloges physiquement ce petit critique intérieur et tu envoies le message à ta tête que la place est libre pour y installer des croyances plus positives.
L’ancrage dans les ressources personnelles
En sophrologie, on travaille beaucoup à identifier et renforcer les ressources qui sont déjà présentes en toi. Des qualités, des moments où tu as tenu bon, des forces que tu as… Le but c’est pas de te survaloriser, mais juste de rétablir un regard plus juste envers toi-même, comme si tu étais ta/ton propre meilleur ami.e.
Une dernière chose…
Si tu as lu cet article jusqu’ici, c’est peut-être parce que quelque chose a résonné en toi. Peut-être que tu traverses une période difficile, que tu portes un regard sur toi-même que tu n’aimes pas, que tu es fatigué.e d’être ton propre bourreau.
Je veux te dire que ce n’est pas une fatalité. Le manque d’estime de soi n’est pas quelque chose de figé, c’est un truc qui se travaille, qui se nourrit, qui se reconstruit. A condition de s’y consacrer vraiment, avec les bons outils et le bon accompagnement.
C’est exactement ce que je propose en séance.

Tu souhaites en savoir plus ou commencer un accompagnement? Je te reçois en cabinet à Val d’Arc ou en visio, pour les personnes de Maurienne, de la région d’Albertville, de Saint-Jean-de-Maurienne et de toute la Savoie.


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