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« C’est dans ta tête. » La sophrologie comme clé pour faire face

Il y a une phrase que j’entends régulièrement dans mon cabinet de sophrologie en Maurienne. Pas de la bouche de mes clients directement, mais dans leur histoire, quelques semaines ou quelques années en arrière. Une phrase lâchée dans un couloir de cabinet médical, dans une salle d’attente, parfois dans la bouche d’un proche bien intentionné :

« C’est dans ta tête. »

Trois mots. Et derrière eux, des années de non-prise en charge, de honte, de doute. « Est-ce que je fabrique mes symptômes ? Ou est-ce que j’exagère ? Est-ce que je suis fou, folle ?« 

Je vais te dire ce que je pense vraiment de cette phrase, et pourquoi elle nous coûte si cher.

Je suis Camille, je pratique la Sophrologie à mon cabinet de Val d'Arc, en Maurienne et je t'explique pourquoi "C'est dans ta tête" est une expression banale mais qui peut te faire énormément de mal

Pendant la rédaction de cet article, j’ai notamment écouté:


La sophrologie nous apprend que le corps ne ment pas

Commençons par une idée qui est au coeur de ma pratique de sophrologie : une pensée peut nous mentir. Une émotion générée par une pensée peut, elle aussi, nous induire en erreur, c’est ce qui se passe dans les ruminations, par exemple, quand on tourne en boucle sur un scénario catastrophe qui ne se réalisera jamais.

Mais le corps, lui, ne ment pas.

Une douleur dans la poitrine, une oppression à l’estomac, une fatigue qui ne cède pas malgré le repos : ce ne sont pas des inventions. Ce sont des signaux. Et ces signaux ont toujours une source : soit physique (une maladie, une blessure, et dans ce cas, c’est à prendre en charge), soit ce qu’on appelle somatique, c’est-à-dire que le corps exprime, à travers des symptômes physiques, une émotion ou une pensée qui n’a pas trouvé d’autre chemin de sortie.

Dans les deux cas : ça existe.
Et dans les deux cas : ça mérite d’être accompagné.

Alors je sais, tu vas me dire « Mais l’hypocondrie, par exemple ? Ou même le cas des membres fantômes ? » Loin d’être des contre-exemples, ce sont des illustrations parfaites de ce principe : le corps parle quand le mental ne peut pas, ou ne sait pas, mettre les mots. L’hypocondrie, c’est une forme d’anxiété orientée vers la crainte d’une maladie (donc elle mérite d’être prise en charge) et le cas des douleurs fantômes (le fait de ressentir une douleur au niveau d’un membre ou d’un organe amputé) montre là aussi l’expression d’une émotion, d’une pensée dirigée vers la partie manquante du corps.

« C’est dans ta tête » = « ça n’existe pas » = « circulez y a rien à voir »

Le vrai problème avec le « C’est dans ta tête », c’est le glissement qu’elle produit dans l’esprit de celui ou celle qui l’entend.

« C’est dans ta tête » -> ça n’existe pas vraiment -> donc il n’y a rien à faire -> donc inutile de chercher de l’aide.

C’est un raccourci dévastateur. Et il y a une ironie cruelle dans tout ça : même à supposer que quelque chose soit effectivement « dans la tête », qu’est-ce que ça voudrait dire, au fond ? Que la solution serait simple ? Qu’il suffirait de « se reprendre », d’ »arrêter de penser », de « positiver » ?

Si c’était aussi simple, tu l’aurais déjà fait. Tu fonctionnerais déjà autrement. Le fait que tu ne le fasses pas n’est pas un manque de volonté : changer des schémas de pensée, réguler un système nerveux saturé, apprendre à dénouer ce qui est bloqué dans le corps, ça se fait avec un accompagnement.

C’est précisément pour ça qu’existent des pratiques comme la sophrologie.

La réalité du terrain en France, et en Maurienne en particulier

En France, le système de soin est construit autour d’une logique simple : pas de diagnostic, pas de prise en charge.

Ce qui signifie, concrètement, qu’on attend souvent que les choses se dégradent, que le stress chronique devienne une dépression, que la fatigue devienne un burnout diagnostiqué, que les tensions corporelles deviennent une « vraie » pathologie, pour qu’un accompagnement soit enfin légitime.

En Maurienne, comme dans beaucoup de territoires ruraux et semi-ruraux, cette réalité est amplifiée par un accès aux soins plus limité, des délais d’attente longs chez les spécialistes, et parfois une culture locale où on « tient », on « gère », on « s’en sort seul ».

Le résultat ? Des gens qui portent seuls des charges qui s’accumulent. Ou des parents épuisés qui n’ont jamais entendu le mot « burnout parental ». Des femmes qui ne dorment plus depuis des mois et à qui on a juste prescrit du magnésium. Des personnes qui vivent avec une anxiété de fond tellement présente depuis si longtemps qu’elles pensent que c’est normal, que c’est leur personnalité.

Ce n’est pas normal.
Mais ce n’est pas une fatalité.

La hiérarchie des maux

Il existe, dans notre société, une hiérarchie implicite des souffrances. La santé physique se trouve en haut de la pyramide : une jambe cassée, une appendicite, un infarctus, ça, tout le monde comprend que c’est sérieux, que ça nécessite une prise en charge immédiate.

La santé mentale et l’équilibre émotionnel ? On les tolère en bas de l’échelle. On les traite comme des luxes, des caprices, des faiblesses de caractère. Les études sur le sujet sont pourtant claires : les trois composantes, physique, mentale, émotionnelle, sont profondément interconnectées et toutes trois nécessaires au fonctionnement optimal d’un individu. L’OMS ne définit pas la santé comme « l’absence de maladie » mais comme « un état de complet bien-être physique, mental et social ».

Ce n’est pas une nouveauté : c’est dans la charte fondatrice de 1948.

Mais reconnaître vraiment l’importance de la santé mentale et émotionnelle, ce n’est pas anodin. Parce que ça implique de reconnaître aussi notre responsabilité collective dans les pathologies que nous créons : les organisations du travail qui épuisent, les rythmes de vie qui ne laissent aucun espace de récupération, les injonctions contradictoires que l’on adresse en particulier aux parents, aux femmes, aux aidants.

Il est plus simple de dire « c’est dans ta tête » que de questionner (et changer) notre société.

Ce que la sophrologie peut faire, concrètement

Je ne te propose pas de la relaxation. Je ne te propose pas « de penser positif » ni d’ »apprendre à gérer ton stress » comme on apprendrait à ranger ses affaires.

Ce que je propose en sophrologie, à mon cabinet en Maurienne ou en ligne, c’est un espace pour apprendre à reconnecter le corps, les émotions et les pensées, pour comprendre ce que ton système nerveux essaie de te dire, et lui donner les outils pour réguler autrement que par l’épuisement ou l’évitement.

C’est un travail concret, ancré dans le corps, qui s’appuie sur les neurosciences et sur ta propre capacité à aller mieux, parce qu’elle est là, même quand tu n’y crois plus trop.

Alors si quelqu’un t’a dit un jour « c’est dans ta tête » et que tu as fini par y croire : je t’invite à reconsidérer. Pas pour nier tes pensées. Mais pour écouter ce que ton corps essaie de te dire depuis tout ce temps.

Tu habites en Maurienne ou en Savoie et tu souhaites en savoir plus sur la sophrologie ? Je te propose des séances individuelles à mon cabinet de Val d’Arc (Aiguebelle) ou en ligne dans toute la France.


Photo de Camille DE LA MARCHE, votre sophrologue en Savoie, en Maurienne, à Val d'Arc et sur Saint Jean de Maurienne