Aaaaah le vaste sujet de la charge mentale…
Faut que je te confie un truc un chouille personnel…
Avant de m’installer comme sophrologue en Savoie, j’étais ce genre de nana ↓

Enfin, je pense que beaucoup de personnes dans mon entourage me voyaient comme ça.
Convaincue que j’étais capable d’absorber la charge mentale
J’étais partout. Je disais oui à tout. Je gérais tout.
Jeune adulte, j’étais celle qui organisait les soirées dans mon groupe de potes.
Celle qui coordonnait tout, qui anticipait tout.
J’étais extrêmement fière d’être cette fille-là.
On vantait ma capacité à organiser, planifier, structurer…
« Camille elle s’en sortira toujours dans la vie. » -> LA phrase que j’ai entendue toute mon adolescence.
J’ai jamais eu un plan B au cas où le plan A fonctionnerait pas.
Non, non…
Moi j’avais NON SEULEMENT un plan B, mais aussi un plan C, un plan D, un plan E, …
En rentrant dans la vie active, je suis devenue la personne à consulter dès qu’on savait pas quoi faire ou comment le faire.
Dans la plupart des boites que j’ai faites dans mon ancienne vie, j’ai quasi toujours été « l’Opinel multifonctions » (pour ne pas dire le couteau suisse, hein, on est en Savoie ici ahah).
Bras droit du dirigeant… mais aussi secrétaire, informaticienne, assistante de direction, dépanneuse du photocopieur, expert Excel et développeuse, chargée des moyens généraux, agent d’entretien et organisatrice de réceptions…
A la base, ça partait d’un bon sentiment. Famille, amis, collègues, et puis plus tard conjoint et enfants… Si on avait besoin de moi, j’étais là. Tout le temps. Disponible. Prête à mettre de côté tout ce que j’étais en train de faire pour voler au secours de mon prochain.
Un peu comme si je m’étais fixée une sorte de mission: celle de faciliter la vie d’absolument tout le monde autour de moi.
Tu t’en doutes, ça ne facilitait pas vraiment la mienne.
Mais je m’en fichais.
J’étais très fière d’être INDISPENSABLE.
La charge mentale a fait de moi une personne insupportable
Un jour, vraiment un jour comme les autres, on venait de me solliciter pour un truc au boulot, je me suis aperçue que ça me pesait. Que cette fois, quelque chose en moi me donnait envie d’envoyer promener la personne concernée.
Que j’éprouvais de la colère. Du ressentiment. De la fatigue.
J’ai eu honte. Très. Et j’ai culpabilisé aussi.
« Les gens gentils ne disent pas non. Parce que dire non, c’est être égoïste. »
Et puis, ça a commencé à devenir de plus en plus fréquent.
Je disais « oui » alors que tout mon corps me hurlait « non ».
J’étais en colère contre la terre entière.
Tout se mélangeait dans mon corps et dans ma tête.
J’étais devenue une personne désagréable. La moindre sollicitation me donnait envie de hurler. Et dire oui à quelque chose déclenchait aussitôt un gros sentiment d’exaspération.
Le pire: quand j’osais timidement refuser quelque chose, les gens insistaient tellement que je finissais par céder.
Le plus souvent à coup de culpabilisation, de reproches et de chantage.
Je ne faisais plus rien de bon coeur.
Qui j’étais, ce que j’aimais… c’était devenu complètement étranger pour moi.
Je vivais à travers le regard des autres.
J’étais complètement dépendance du regard des autres.
C’était douloureux, épuisant.
Et pourtant… je continuais de dire oui.
La charge mentale n’est pas une fatalité
C’est le quotidien de beaucoup de gens…
… des femmes notamment, puisque, rappelons-le, encore aujourd’hui, c’est sur elles que repose la majorité de la charge mentale. Peut-être que c’est ton cas à toi auss.
Je ne vais pas revenir ici sur l’aspect socio-psychologique de la charge mentale, d’autres personnes en parleront bien mieux que moi.
Mais ce qu’on constate souvent, c’est que ce fonctionnement se construit sur la croyance développée depuis l’enfance qu’être « une bonne personne », c’est avant tout rendre service, exister par et pour les autres.
C’était mon cas.
Et je me suis complètement oubliée pendant des années.
Ce que j’ai compris avec le temps…
… c’est que la colère, le ressentiment, le « oui » qui déclenchait de l’exaspération, tout ça, c’était pas dans ma tête.
J’étais pas une horrible personne manipulatrice qui se cachait sous un joli vernis bien lisse et bien brillant.
J’étais juste un être humain dont le système nerveux était complètement saturé et tentait tant bien que mal de mettre en oeuvre tout ce qui était possible pour me permettre de continuer à fonctionner au quotidien malgré tout.
(et c’est juste magique et merveilleux !)
Ecouter son corps, mettre des mots sur nos ressentis, explorer nos émotions, développer de la bienveillance et de l’empathie envers nous-même… Tout ça, ce sont autant de choses qu’on n’apprend pas à l’école. La société nous conditionne dès l’enfance pour être les plus productifs et utiles possibles durant toute notre vie.
On apprend à être fort.es, à se taire même quand ça ne va pas, à ne surtout pas devenir le petit grain de sable qui empêcherait la machine de fonctionner.
Et puis, on prend sur soi pendant des années. On dit oui alors qu’on pense non.
On fait des choix utiles plutôt que des choix vrais.
Et à la longue, tous ces « non » qui ne sont pas écoutés deviennent autant d’éléments qui surcharge le système nerveux.
Au point où on n’est même plus capable de faire la distinction entre une demande qui dépasse nos valeurs et une simple sollicitation d’un proche, sans enjeu derrière.
Le supérieur qui te demande de falsifier des comptes au boulot est sur le même pied d’égalité avec ton enfant de 3 ans qui te demande un câlin.
Le système nerveux est tellement à bout qu’il voit simplement une sollicitation supplémentaire dans les deux cas.
Alors c’est quoi la finalité de tout ça ?
Déjà, je pense qu’il n’y a pas vraiment de fin. Vivre, c’est ajuster constamment. Parce que les choses changent: l’environnement, les autres, soi-même. Et qu’on a le pouvoir de développer nos capacités d’adaptation.
Dans mon cas, la sophrologie a été un grand support à plusieurs niveaux.
-> J’ai réappris à entendre les « non » de mon corps. A me reconnecter à lui, à ses messages, à ses signes. Et wahouuuu il y a de la vie là-dedans !
-> J’ai aussi (ré)appris à faire la différence entre « je veux réellement aider parce que ça me fait plaisir » et les « j’ai peur de décevoir si je dis non ». Et ça, c’est le premier pas pour développer de la bienveillance envers soi-même et envers les autres.
-> J’ai retrouvé un « oui » issu d’un vrai choix, plus conscient, et pas d’une peur.
Je sais que ces lignes parleront à beaucoup de monde car je sais qu’on est nombreux.ses à être dans ce cas-là. Si c’est ton cas, je veux te dire que ce n’est pas une question d’organisation ou de volonté, que tu n’es pas malade ou cassé.e.
Tu as simplement, toi aussi, un système nerveux en PLS.
Et ça, ça se travaille.
Tu peux me contacter pour savoir par où commencer ou réserver directement ta première séance de sophrologie si tu te sens prêt.e à explorer ce qui te bloque vraiment.

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