Une fois n’est pas coutume: je te propose un « billet d’humeur » plus qu’un article à proprement parler.

Pendant la rédaction de cet article, j’ai notamment écouté:
Je ne sais pas où je vais…
Il est 13h00. Je viens de terminer deux séances de sophrologie. Il pleut dehors et j’entends les oiseaux chanter malgré tout, à l’abri sous le rebord du toit du cabinet.
Je veux profiter de ma pause déjeuner pour rédiger un article pour le blog; c’est un peu devenu un rituel dans mes week-ends. Comme à chaque fois, vient la grande question: de quoi je parle ? Ou plutôt: sur quoi j’écris ?
Si tu es déjà venu.e au cabinet, tu sais probablement que j’aime bien mettre un peu de musique parfois pour accompagner les séances, si c’est ok pour toi. C’était une matinée comme ça, avec de la musique et de belles connexions avec vous.
Et puis, il y a ce morceau qui s’est lancé, celui que j’ai inséré en introduction. Echothane de Enormousness. Tu as peut-être déjà fait l’expérience toi-même de la capacité qu’a la musique à déclencher des émotions et des pensées particulières.
Ce morceau-là, il a la faculté de m’amener à une véritable contemplation de moi-même, non pas en tant que Camille, sophrologue et tout, mais plutôt en tant qu’être humain partie prenant d’un système bien plus grand. Un système dont je ne suis pas le centre. Un système qui fonctionne depuis des millénaires et qui continuera à fonctionner quand moi je ne serais plus.
Ce morceau, il me ramène à ce qui nous attend, tous, à partir du moment où nous sommes nés: là où l’on va.

… mais je sais comment je veux traverser cette existence.
Ca donne le vertige, de se dire que nous ne sommes que des petites particules de poussière à l’échelle de cet univers infiniment grand. Je sais que ça fait peur, parfois. Ca donne un peu le tournis. Et à la fois, ça remet les choses en perspectives.
Il y a quelques temps, j’ai perdu un ami. Quelqu’un qui symboliquement a beaucoup compté pour moi. Avec qui j’entretenais un lien très fort, une sorte de connexion, si je puis dire, qui transcendait complètement le temps et l’espace. Dans quelques jours, ce sera l’anniversaire de sa mort, et je pense forcément beaucoup à lui en ce moment.
Cet ami a toujours été présent pour moi. Il a été un pilier à un moment difficile de ma vie. Je l’aimais beaucoup, et je n’ai jamais pris le temps de le lui dire. Peut-être par pudeur, peut-être parce que j’étais convaincue qu’il le savait déjà. Et quand il est parti, ne pas lui avoir dit je t’aime, c’est devenu le drame de ma vie. Un élément central. Dans les échanges qu’on a eus avec ses proches, dans les éloges funèbres qui ont été prononcés, dans les souvenirs qu’on partageait, nous, ceux qui étaient restés, transparaissait l’importance que cette personne avait eue dans nos vies. Encore aujourd’hui, il est central dans mon quotidien, comme dans celui de nombreuses personnes qui l’ont cotoyé.
Son départ soudain et prématuré nous a vraiment marqués au fer rouge. Et pourtant, toi qui lit ces lignes, tu ne le connais probablement pas et sa disparition n’a strictement aucun impact sur ton monde à toi.
Ce décalage, c’est ça qui est parfois difficile à gérer dans le deuil. Et, paradoxalement, c’est aussi ce qui te fait prendre vraiment la mesure du goût de la vie. De l’importance des petits instants de bonheur, des couchers de soleil, des gens qui nous entourent, de l’incroyable chance que c’est que de voir le jour se lever chaque matin… D’avoir encore la possibilité de dire je t’aime, même si ça semble évident, même si l’on est pudique.
Je crois que c’est ça, la pleine conscience de soi. Etre à la fois pleinement dans sa propre existence, en savourer chaque détail avec une juste intensité et cultiver une profonde gratitude pour tout ce qui est. Et être en même temps conscient.e de l’insignifiance de cette existence à l’échelle de l’Univers, et plus encore des soucis qui peuvent la composer.
Et peut-être que le sens de la vie, c’est avoir pleinement conscience de la mort, pas parce qu’elle signe la fin de la vie, mais au contraire le commencement de la VRAIE Vie, celle qui compte, qui nous permet d’explorer, de jouer, de sentir, de connecter, de goûter, de construire, de rire, de pleurer, d’aimer…
Peut-être que nous sommes de passage ici pour apprendre à vivre, et à faire la paix avec les fins, y compris la notre. Redonner un sens à la mort, pour donner plus de sens à nos vies.
Car au final, quelles que soient nos croyances, nos religions, nos convictions, nos expériences, notre degré de conscience… nous allons tous au même endroit.



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